021. Lettre manuscrite de Jean-Yves Rublon
EVRON 28-X-2000
Cher Monsieur
Je mets bien du temps pour vous remercier de votre dernière lettre (du 27-02 !) et de la carte postale de l’orgue d’Averbode, c’est que je voulais aller ausculter et photographier l’orgue de Grez-en-Bouère, chose que je n’ai pu faire qu’hier vendredi 27 octobre.
Dès que la pellicule sera développée je vous enverrai les photos. J’espère qu’elles seront bonnes. J’ai manqué de lumière et de recul et je n’ai pas pu ouvrir le buffet comme je l’aurais voulu.
L’instrument n’est pas d’Hippolyte Loret mais certainement de Jean-Baptiste STOLTZ. Les claviers ont 54 notes (ut-fa). Les porcelaines des registres et les bourdons soudés à cheminées sont identiques à ce que l’on voit dans l’orgue de St Nicolas de CRAON que j’ai tenu autrefois et qui a été construit par STOLTZ (père) en 1856. Une différence toutefois à Craon les tampons de laye sont vissés alors qu’à Grez-en-Bouère, ils sont fixés par des cro-
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chets tournants. La tuyauterie est homogène et de belle qualité avec de curieuses pattes d’accord sur certains tuyaux :

Mais il est certain que «notre cher Hippolyte» y a imprimé sa marque et cela se voit aux trois appels de jeux sur pivot (appel par le talon, renvoi par la pointe) qui ont été manifestement ajoutés par Loret sans doute en 1873 ou peut être avant.
Le «buffet» néo gothique avec ses chanoines en tôle dorée (maintenant souillés…) n’est évidemment qu’un décor postiche fabriqué vraisemblablement par un artisan local lors de l’installation à Grez-en Bouère.
Primitivement l’orgue se présentait comme une grande boîte sans tuyaux apparents avec la console placée latéralement en bout de buffet.
J’ai la nette impression que la «façade» primitive (peut être une fausse montre, ou des panneaux découpés ou des jalousies) se trouvait sur le côté gauche de l’instrument, c’est à dire du côté de la «montre». En effet le mécanisme de la pédale d’expression passe de ce côté avant d’être renvoyé à droite.
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Évidemment, placé comme il l’est aujourd’hui l’orgue a une sonorité plutôt étouffée. Pourtant certains jeux sont très beaux.
Myriam Turpin dans l’inventaire des orgues de la Région des Pays de Loire a reconstitué l’histoire de cet instrument mais cet inventaire n’est pas encore publié. Peut être pourrez-vous avoir quelques détails supplémentaires par l’intermédiaire de Marcel Degrutèrre..
Je joins à cette lettre une photo supplémentaire de Launay-Villiers (tuyau de fugara et de flûte pyramidale) et je vous envoie très prochainement les photos de Grez-en-Bouère.
En espérant que ce petites informations vous seront utiles je vous prie de recevoir, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
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